OMVS NEWSLETTER L'année des OMVSIENS Décembre 2018

Décembre 2018 nEWSLEttER OMVS 6 Les dangers liés à la déforestation, l’utilisation des produits chimiques, les problèmes de consommation de drogue, de prostitution et même de banditisme constituent en partie les véritables difficultés nées de l’orpaillage dans la Falémé. c’est ce qui a motivé une délégation du haut-commissariat d’aller, sur place, sensibiliser sur les impacts de ces activités dans le bassin du Fleuve et faire des recommanda- tions. L a Falémé, principal affluent du fleuve Sénégal, connait une dégradation de la qualité de ses ressources en eau et des écosystèmes associés. cette situation est causée par l’utilisation d’engins et de produits chimiques aux effets dévastateurs. c’est ce qui ressort des constats faits par une mission du Haut-commissariat de l’OMVS conduite pour animer des ateliers de sensibilisation des acteurs sur les im- pacts des activités d’orpaillage dans le bassin du fleuve Sénégal. c’était cou- rant novembre à Kédougou (Sénégal) et Kayes (Mali). Outre le danger pour la santé des populations, ces activités menacent les ressources aquatiques et végétales, perturbent les régimes hy- draulique et hydrologique, ainsi que la qualité des eaux et la fiabilité des don- nées de mesure. En un mot, la catas- trophe écologique pointe à l’horizon. Sur le plan environnemental, le danger principal émane de la pollution due à l’utilisation des dragues pour fouiller le lit du fleuve, et du mercure dans le trai- tement du minerai. Il faut pointer par ailleurs la déforestation, l’agression du sol et l’utilisation de produits chi- miques. Sur le plan de la cohésion sociale, le péril est tout aussi grand en raison de la promiscuité engendrée par la forte concentration humaine qui crée des problèmes de consommation de drogue, de prostitution et même de banditisme. En plus, il est en train d’im- pacter négativement sur l’agriculture du fait de l’abandon de cette activité par beaucoup de jeunes. Au vue de ces constats, les partici- pants à cette mission se sont accordés sur la nécessité et l’urgence d’entre- prendre des actions vigoureuses pour enrailler l’impact négatif des activités d’orpaillage sur le fleuve Sénégal. Pre- mière priorité : améliorer et harmoniser les cadres législatifs existants des sec- teurs de l’eau, des mines et de l’envi- ronnement des Républiques du Mali et du Sénégal. Il faut également mettre en place une brigade mixte (Mali-Séné- gal) de surveillance des activités d’or- paillage dans le bassin du fleuve Sénégal, en général, et dans la Fa- lémé, en particulier. La mission a par ailleurs recommandé l’application des textes interdisant le dragage et l’usage de produits chimiques dangereux tels que le cyanure, le Mercure, et certains acides. Eradiquer l’orpaillage clandestin dans la Falémé, en particulier et promouvoir les techniques d’orpaillage à moindre impact sur l’environnement sont égale- ment les solutions préconisés contre ce problème. Pour que toutes ces recommandations soient appliquées, il faut mettre en place un cadre de concertation des dif- férents acteurs pour une gestion inté- grée du bassin de la Falémé, selon la mission. Le Haut commissaire de l’Omvs, très alarmé, prévoit d’aller per- sonnellement sur le terrain pour s’im- prégner de la situation et porter le plaidoyer auprès des Etats. Une menace très sérieuse sur les ressources en eau L’ORPAILLAGE DAnS LA FALéMé ENVIRONNEMENT

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